Dans les Hautes Terres centrales de Madagascar, malgré un potentiel agricole relativement élevé, la majorité des ménages sont en situation d’insécurité alimentaire et les régimes alimentaires sont faiblement diversifiés. Cette étude qualitative, menée dans deux régions des Hauts Plateaux malgaches, visait à documenter les facteurs influençant les choix et consommations alimentaires des ménages de petits exploitants agricoles.

Huit groupes de discussion (groupes focus) ont été menées dans quatre villages en juillet 2025.
Un guide d’entretien semi‑structuré a été utilisé pour permettre aux participantes de discuter librement et de partager leurs points de vue sur les thèmes suivants :
(1) vente et autoconsommation de la production alimentaire du ménage ;
(2) choix alimentaires, consommation alimentaire, attitudes vis‑à‑vis de certains aliments ; et
(3) environnement alimentaire. Au total, 60 femmes ont été incluses dans l’étude, soit sept à huit participantes par groupe de discussion.


 Les choix et les habitudes de consommation alimentaires des ménages sont étroitement liés à l’activité agricole, la majeure partie des produits étant destinée à l’autoconsommation. Le riz occupe une place centrale dans la production agricole, l’alimentation quotidienne et les pratiques culturelles. Les ménages lui consacrent une grande part de leur production, ainsi que de leur budget alimentaire.
En cas de commercialisation, les ventes ont généralement lieu au moment des récoltes, lorsque l’offre est importante et les prix particulièrement bas, limitant les revenus ainsi générés.

A l’inverse, En revanche, l’achat de riz intervient souvent pendant la période de soudure, lorsque les prix sont au plus haut. Les légumes représentent également une part importante de l’alimentation des ménages ; ils sont soit cultivés par les ménages eux-mêmes, soit achetés auprès des voisins ou sur les marchés locaux.

Le prix et la disponibilité des denrées alimentaires constituent un obstacle majeur à la diversification de l’alimentation des ménages, notamment pour ceux qui vivent dans les zones les plus éloignées des marchés. La pratique du « Famadihana », rite funéraire se déroulant tous les sept ans en moyenne, génère une forte pression financière avant et après la cérémonie.


 L’importance culturelle de ce rite est telle que beaucoup de ménages compromettent leur sécurité alimentaire pour financer la cérémonie. L’environnement social (famille, voisins et acteurs communautaires) influence également les choix et consommations alimentaires, mais dans une moindre mesure. Enfin, les « Fady », tabous alimentaires concernant certains produits, constituent le facteur le moins limitant pour la diversité alimentaire.

Cette étude a permis de décrire les différents types de facteurs influençant les choix et habitudes de consommation alimentaires, ainsi que leur importance relative. Toute activité de développement visant à réduire l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans ce territoire devrait tenir compte de ces éléments afin de maximiser leur impact.

FOFIFA DRT : entrepreneuriat agricole – transformation agroalimentaire

 

 

Rédigé par

FOFIFA CENRADERU

Centre National de Recherche pour le Développement Rural à Madagascar