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Agriculture – La technique japonaise bénéfique à la riziculture malagasy

Pour une productivité assurée et efficace, le ministère de l’Agriculture, de l’elevage et de la pêche (MAEP), en partenariat avec le Centre nationale de la recherche appliquée au développement rural (FOFIFA), le Laboratoire de radio isotope (LRI) et l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) ont lancé une technique de riziculture qu’est le P-dipping dans la région Vakinakaratra. En parallèle vulgarisation avec cette technique, le Pack Papriz est déjà en deuxième phase d’expérimentation dans la région. 

Technique rizicole plus performant

Le trempage des racines ou P-dipping est une technique des systèmes de riziculture pour augmenter le rendement du riz et améliorer du Phosphore dans les sols des hauts plateaux de Madagascar. Technique de fertilisation des systèmes de riziculture de bas-fond et irrigués, le P-dipping consiste à imprégner les jeunes touffes de riz dans un mélange composé de boue, d’eau et d’engrais phosphaté juste avant le repiquage. Activité intégrante du Projet Fy-Vary, elle est actuellement en phase de test à Behenjy de la région Vakinakaratra.

Les paysans expérimentent la P-dipping dans leur champ. cc : Soahanitra

En effet, cette technique permet de réduire significativement la quantité d’engrais utilisée par le riziculteur, soit jusqu’au tiers, tout en augmentant la production rizicole. 

« La technique est simple : imprégner durant 30 minutes environ les racines des jeunes touffes de riz dans un mélange composé de boue, d’eau et d’engrais phosphaté juste avant le repiquage », a expliqué Bruce Andrianarihaja, Chercheur du LRI.

Njato Rakotoarison du département de la recherche rizicole à la Fofifa et responsables des activités de Fy Vary affirme l’économie d’engrais réussi grâce à cette technique .

« Si un riziculteur a l’habitude d’utiliser 1,5 kg d’engrais pour 100 m² de rizière, il n’utilise que 0,5 kg d’engrais avec la technique P-dipping. Tous les engrais contenant du phosphore tel que le triple super phosphate (TPS), le diammonium phosphate (DAP) et le NPK peuvent être utilisés avec la technique P-dipping. Toutes variétés de riz peuvent être utilisées ». a-t-il expliqué .

Une production absolument rentable

Avec la technique de trempage de racine, le rendement pourrait augmenter de 60% par rapport à l’utilisation d’engrais de façon habituelle (engrais semé directement dans les champs). Et pour ceux qui adoptent la riziculture paysanne (sans engrais), le rendement pourrait s’accroître de 170% avec l’adoption de la P-dipping. Aussi, le cycle de culture peut être réduit à 145 ou 150 jours avec la P-dipping contre 165 jours avec les techniques de culture standard, a indiqué en outre le technicien du FOFIFA. 

Jean Robert Raveloson, Riziculteurde Behenjy témoigne de la réussite de son expérimentation de la technique.

« Avant je n’avais pas utilisé d’engrais et obtenait un rendement de 8 sacs en moyenne. En utilisant de l’engrais et avec la P-dipping, j’arrive à obtenir jusqu’à 12 sacs de paddy. Certes cela engendre des dépenses supplémentaires mais je peux dire que cela en vaut la peine ! »a-t-il souligné .

Le projet a débuté avec des tests auprès des riziculteurs partenaires de Behenjy depuis deux ans. Et cette année la technique est à vulgariser à AntsirabeAnkazomiriotraAmbohibary

« Dans les expérimentations, nous essayons encore les types de terres où cette technique est la plus efficace et cela prend encore du temps »a indiqué le responsable du projet Fy-Vary. 

Il est à connaître que les techniciens de terrain engagés dans ces tests expérimentent actuellement l’utilisation de la P-dipping avec diverses variétés de riz.

Vulgarisation du Papriz

Roger Rakotonindriana, Paysan formateur de la plaine de Befaritra Ambarobe à Vinaninkarena a partagé que beaucoup de riziculteurs de la localité s’intéressent à Papriz dans la mesure où le rendement augmente pour ceux qui ont adopté la technique.

« Ceux qui ne la connaissent pas voient leur homologue le faire et veulent aussi l’essayer. Nous les assistons ainsi à apprendre les techniques du pack Papriz. Avant, on obtenait 2 à 3 tonnes à l’hectare avec la riziculture paysanne. Avec Papriz, nous obtenons entre 4 et 5 t /ha. Une soixantaine de ménages ont sollicité jusqu’à ce jour nos assistances. Il est certes difficile de les convaincre d’adopter Papriz mais ils l’apprennent peu à peu »,a-t-il indiqué.

Les riziculteurs de Vinaninkarena s’imprègnent peu à peu de la technique Papriz. cc : Soahanitra

Le Pack Papriz constituant diverses techniques de rizicultures dont la technique de semence, la technique de repiquage, les techniques d’entretien, de moisson et de récolte, sont actuellement en deuxième phase d’expérimentation dans onze régions de la grande île. 

Noel Razafimanantsoa, Agriculteur d’Ambohipeno nous a confié qu’il obtient deux fois plus de production avec Papriz.

En parallèle Noel Razafimanantsoa déplore le fait qu’ils ont besoin d’appui financier et matériel. Beaucoup sont intéressés mais ils n’ont pas de fonds pour se procurer du matériel. 

Aussi, la vétusté des infrastructures hydroagricoles pénalise aussi les agriculteurs de la plaine. Sur ces 300 ha, 40% des rizières sont irriguées dans les normes. Selon les informations reçues, la zone où ces Paysans formateurs prennent en charge à Vinaninkarena dispose environ 300 ha de rizières. Ainsi, l’ensemble de la production va vers Antsirabe.
En phase de terme d’expérimentation en décembre 2020, le Papriz 3 débutera l’année prochaine dans les 22 régions de Madagascar. Ainsi, on peut dire qu’avec les 5 ans de travail de Papriz, il améliorera la riziculture et la productivité des paysans.

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