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Des
grandes opérations de reboisement aux actuels reboisements villageois,
la foresterie commence à se populariser. Les jeunes peuplements
d'acacias qui s'étendent sur l'axe Moramanga-Brickaville-Toamasina
témoignent de l'efficacité des actions de sensibilisation et
il faut alors se préparer à faire face à une demande croissante
en semences et plants forestiers. |
Or,
les espèces de reboisement utilisées jusqu'ici sont des variétés
à base génétique étroite qui présentent parfois des symptômes de
dépression consanguine...
La dotation en matériel végétal performant est plus que nécessaire
pour mieux rentabiliser les plantations, tant industrielles que
villageoises.
Un Projet pour la mise en place de vergers à graines d'espèces forestières
| -
Planter des espèces d'utilisation variées adaptées aux zones
agro-écologiques visées,
- faire des éclaircies successives permettant d'éliminer les
arbres les moins performants,
- mettre à la disposition des utilisateurs, un matériel végétal
génétiquement amélioré. |
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Tels
sont les objectifs que s'est fixé le Projet vergers à graines d'espèces
forestières financé par le Fonds européen de développement (FED/FAO/MAG
84) .
Ce Projet permet de valoriser les résultats du Programme d'amélioration
génétique des essences forestières, réalisé depuis 1971 sous l'égide
du PNUD/FAO. Les vergers à graines installés depuis 1993 dans différentes
zones écologiques de l'île, tiennent compte de la demande nationale
et du choix de la population pour des espèces à croissance rapide,
d'usages multiples, de grande plasticité et relativement résistantes
au passage du feu.
L'exécution du Projet vergers à graines a été confié au Département
de Recherches Forestières et Piscicoles du FOFIFA, en collaboration
avec le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique
pour le Développement ou CIRAD/Forêt, en raison de leur expérience
en matière d'amélioration génétique des essences forestières.
Vingt-sept ans de recherches en amélioration génétique d'essences
forestières
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Le
Programme d'amélioration génétique des essences forestières
fait suite à un inventaire de mise en valeur des périmètres
forestiers, installés dans les années 50 dans les arboreta et
Stations Forestières, ou dans le cadre des " Grandes opérations
de reboisement industriel " de 1968. |
La synthèse des résultats issus de ces peuplements, mais aussi des divers
essais installés depuis plus de vingt ans par la recherche, a permis
de dresser une liste des espèces adaptées aux différents systèmes de
reboisement utilisés par le développement.
L'amélioration génétique consiste à déterminer le potentiel d'adaptation
des espèces aux diverses conditions du milieu et à sélectionner les
meilleures formes géographiques (provenances). Ceci permet de créer
et multiplier les variétés présentant les qualités recherchées, en l'occurrence
l'obtention d'arbres de grande vigueur et de meilleure forme pour un
bon bois d'oeuvre.
Dès 1972, la participation de Madagascar, par le biais d' une Convention
de recherche entre la Société Fanalamanga (Fanjarian'ala Moramanga-Ambatondrazaka
et le Département de Recherches Forestières et Piscicoles DRFP/FOFIFA,
aux essais internationaux de provenances de quelques espèces (pins et
eucalyptus) a permis d'élargir la base génétique existante de ces espèces.
Le Plan Directeur du Programme de Recherche en génétique forestière,
élaboré par les acteurs du reboisement avec le Dr Alphonse NANSON (consultant
en génétique forestière) a défini les axes prioritaires et les espèces
à améliorer.
A partir de 1988, un certain nombre d'espèces d'importance économique
telles que Pinus kesiya, Pinus. patula, Pinus elliottii, Pinus caribea,
et divers eucalyptus ont fait l'objet de travaux d'amélioration dans
le cadre de conventions successives conclues entre le DRFP et le Silo
National des Graines Forestières ou SNGF. Le Cirad-forêt associé à la
Fanalamanga ont apporté leur contribution de façon plus significative
sur les espèces feuillues exotiques (Eucalyptus et Acacia).
Plus récemment, le projet " Création de vergers à graines forestières
" a permis de valoriser les résultats du Programme d'amélioration génétique
des essences forestières, démarré en 1971 sous l'impulsion du PNUD/FAO.
Le financement était assuré par le Fonds européen de développement (FED
6 ACP MAG 84). Les vergers à graines installés depuis 1993 dans les
différentes zones agro-écologiques de l'île, tiennent compte de la demande
nationale et du choix des populations.
La demande s'oriente principalement vers les espèces à croissance rapide,
à usages multiples, de grande plasticité et relativement résistantes
au passage du feu.
L'exécution du Projet vergers à graines a été confiée au Département
de recherches forestières et piscicoles ou DRFP/FOFIFA, en collaboration
avec le Département forestier du Centre de coopération internationale
en recherche agronomique pour le développement ou Cirad-forêt, en raison
de leur expérience en matière d'amélioration génétique des essences
forestières.
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Les intervenants au Programme d'amélioration génétique d'essences
forestières
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La réussite du Programme d'amélioration génétique, qui a
permis d'assurer les bases scientifiques nécessaires à la
production de graines de qualité d'espèces éxotiques, est
due à la collaboration entre le FOFIFA-DRFP- CIRAD/Forêt
et les entités suivantes : ·
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-
La Société FANALAMANGA ou Fanjarian'ala Moramanga-Ambatondrazaka,
s'occupant de plantations industrielles de pins dans le Haut-Mangoro
;
-· Le SNGF ou Silo National des Graines Forestières dont la principale
mission est de diffuser à grande échelle des graines forestières
et agroforestières de bonne qualité génétique pour les besoins
du reboisement national ;
-· La Société d'économie mixte FAMAMA ou Fambolena mahabibo malagasy
qui a contracté des conventions successives de Recherche avec
le FOFIFA-DRFP pour l'amélioration de la productivité de plantations
industrielles d'anacarde.
Des espèces adaptées aux différentes régions de l'île
Les vergers à graines devront pouvoir fournir des semences et
plants adaptés à la diversité des conditions agro-écologiques
de l'île.
Aussi, ils ont été implantés dans neuf zones : - le Nord (Sahafary),
- le Nord-Ouest (Mangatsa, Miadàna, Tsararano),
- les Hauts-Plateaux Nord (Manankazo, Mandràka),
- les Hauts-Plateaux Sud (Lalatsara, Ampamaherana),
- le Moyen-Ouest (Kianjasoa),
- le Moyen-Est (sous-région de Moramanga),
- l'Est (Ivoloina, Mahela),
- le Sud-Ouest (Toliary) et
- le Sud-Est (Anarafaly).
Egalement, les semences obtenues devront pouvoir satisfaire des
besoins en produits ligneux, aussi nombreux que variés : combustibles,
principalement, mais aussi utilisation en agroforesterie, en pharmacopée,
et comme bois d'oeuvre et de service...
L'adaptation par région des deux genres prioritaires (eucalyptus
et pins) a pu être déterminée. Ainsi, la grande plasticité des
Eucalyptus robusta et Eucalyptus grandis est confirmée . Ces espèces
s'adaptent, aussi bien sur les Hautes-Terres que dans les régions
orientales et littorales.
Eucalyptus camaldulensis fait preuve d'une plasticité comparable,
pouvant s'adapter à presque toutes les régions de l'île, sauf
dans les Hautes-Terres centrales.
Pour les régions centrales, les espèces suivantes sont à conseiller
: Eucalyptus cloezana, Eucalyptus. macrocorys, Eucalyptus maculata
et Eucalyptus resinifera parmi les eucalyptus et parmi les pins
Pinus kesiya et Pinus patula.
Pour les régions orientales et littorales, les espèces conseillées
sont Eucalyptus citriodora, Eucalyptus torreliana, Eucalyptus
cloeziana, Eucalyptus microcorys, Eucalyptus resinifera, et Eucalyptuts
tereticornis parmi les eucalyptus et, Pinus caribea et Pinus elliottii
parmi les pins. Dans les régions occidentales et méridionales,
les espèces Eucalyptus tereticornis et Eucalyptus citriodora poussent
le mieux.
Pinus
kesiya : un verger a graines couvrant 20 ha
Les meilleures provenances par espèce ont été identifiées et
des techniques de multiplication végétative ont été mis au point
pour les pins, les eucalyptus et l' anacarde. Un catalogue de
peuplements à graines est actuellement disponible, de même qu'un
catalogue d'arbres "plus" pour les pins et les eucalyptus. Concernant
l'espèce Pinus kesiya, étant donné le stade avancé de son amélioration
et la performance de la provenance malgache, Madagascar dispose
d'un verger à graines de clones "plus", de renommée internationale,
composé de 160 clones et couvrant 20 hectares. 200 ha de sources
de graines, de degré d'amélioration différente ont été mis en
place dans le cadre des travaux entrepris par le FOFIFA, le
SNGF et le CIRAD/Forêt dans les neuf zones agro-écologiques
mentionnées plus haut (cf. : carte de répartition géographique).
Les graines des meilleures provenances et des meilleures familles
seront diffusées par régions d'adaptation, pour le reboisement
industriel et villageois.
Pour une foresterie performante
L'optique est de doter Madagascar de sources de graines forestières
de meilleure qualité, mieux adaptées aux différentes conditions
climatiques et pédologiques, plus résistantes aux maladies et
ainsi, plus productives. Les résultats obtenus constituent déjà
des outils efficaces pour atteindre ce but mais les actions
de sensibilisation restent à faire pour que les utilisateurs
potentiels passent à l'extension de parcelles de démonstration.
Cette sensibilisation se basera essentiellement sur l'interêt
des arbres proposés.
Pour Madagascar, l'utilité des eucalyptus en tant que combustible
domestique est bien connue de la population, mais elle peut
aussi être utilisée comme bois d'oeuvre et en pharmacopée. Assez
souvent, la population rurale plante des eucalyptus pour marquer
l'appropriation d'une aire arable, ce qui suscite actuellement
des conflits sur le plan foncier.
L'intensification des efforts entrepris dans le cadre de la
GELOSE est nécessaire pour résoudre ces conflits, qui ont souvent
comme corollaire l'incendie des jeunes plants.
Les pins ont été inclus dans le Programme d'amélioration génétique
du fait de la quantité de demande en graines ou plants au niveau
du SNGF. Des études intensives sur le comportement de différentes
espèces de pins ont été effectuées dans le cadre de la mise
en place des peuplements de la société FANALAMANGA. Les pins
sont le plus souvent utilisés comme bois de sciage et de déroulage,
mais peuvent surtout servir comme combustibles domestiques.
Des arbres à usages multiples, en particulier les acacias, sont
également étudiés dans le cadre du Projet. Les données de départ
étant moins nombreuses que pour les pins et les eucalyptus,
les résultats nécessitent encore un certain recul. La population
devra aussi être initiée aux possibilités d'utilisation de ces
espèces, mais apparemment, les acacias sont assez facilement
adoptés.
En ce qui concerne les espèces autochtones, seul Khaya madagascariensis,
une espèce endémique en voie de disparition, a fait l'objet
d'amélioration et de conservation. La croissance assez lente
de ces espèces n'a pas encouragé les travaux de la recherche
qui doit répondre rapidement aux questions de développement.
Néanmoins les objectifs clairs assignés aux espèces exotiques,
qui sont de produire du bois le plus rapidement possible, ne
sont pas identiques pour les espèces autochtones. En effet,
celles-ci ont pour l'heure un rôle mineur dans les plantations,
du fait de la méconnaissance de leur biologie et de leur diversité.
Les enjeux pour ces essences sont à long terme et concernent
principalement leur production en substances naturelles pharmacologiques
et la production de bois noble et précieux. Il conviendrait
d'établir des priorités sur certaines espèces et d'associer
plusieurs partenaires aux compétences complémentaires dans le
but de connaître mieux, la diversité génétique des espèces,
leur biologie au sens large (fructification, régénération, multiplication,
symbiose, …).
Toutefois, la priorité devrait aller d'abord à l'aménagement
des forêts naturelles dans un but de production et de conservation
in situ pour les espèces les plus menacées. On pourrait envisager
également la mise en place d'essais de comportement en plein
découvert pour quelques espèces (en combinant la conservation
ex situ) à l'image de ce qui a été réalisé en République de
Côte d'Ivoire par l'Institut des forêts ou IDEFOR avec l'appui
du Cirad-forêt.
Pour
une normalisation de la commercialisation des graines
forestières
Dans
les années à venir, la croissance démographique, la
disparition et la protection accrue des peuplements
naturels vont sûrement accroître la pression sur les
plantations et entraîner une prise de considération
sur la nécessité de reboiser. L'approvisionnement en
semences devient ainsi une nécessité. |
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Pour l'heure, la production et la distribution de semences
sont principalement assurées par le SNGF qui a pu bénéficier,
entre autres, des parcelles installées par la recherche. Le
cadre des activités de récolte et de commercialisation des
graines forestières est maintenant normalisé et réglementé
par des lois et décrets ayant permis l'adhésion de Madagascar
au système OCDE . Ce système de contrôle et de certification
des matériels forestiers de reproduction, destinés au commerce
international, devient du même coup la référence pour les
normes de qualité à Madagascar, contraignant les intervenants
dans le secteur de les adopter.
Bibliographie
- Bilan de la Recherche agricole à Madagascar (1989). MRSTD-FOFIFA
- Bilan de 20 années de Recherche en génétique forestière (1996).
DRFP/Cellule Génétique N° 721, 55 p Création de vergers à graines
d'espèces forestières : Projet FED 6 ACP MAG 84 . FOFIFA
- DRFP/CIRAD/Forêt. . Atelier SNGF/FOFIFA sur le programme d'amélioration
génétique des espèces forestières à Madagascar (1999) P.J. Gilbert,
46 p
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