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DOSSIER - Reconquérir le marché à l’export



 
Haricot

Richard Rakotoarisoa
Herimihamina Andriamazaoro
Georges Rakotomalala
FOFIFA – Département de Recherches Agronomiques

Sans une production de qualité, il est difficile, voire impossible de reconquérir le marché à l’export. Madagascar est déjà sur ce créneau mais des problèmes de volume et de qualité de production se posent. En 1995, l’exportation de haricots s’est située à 6.075 tonnes. Mais depuis, le volume exporté continue à baisser à tel point qu’à l’heure actuelle, le pays exporte seulement la moitié de ses réalisations en 1995. Pourtant, le marché est porteur avec une demande européenne de 170.000 tonnes en 2000. La même année, Madagascar a exporté 2.000 tonnes. Il y a la dégradation de la qualité mais on note également la baisse de la production. Selon les données du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche , la surface cultivée de haricot n’a pas beaucoup bougé de 1999 à 2002, puisqu’elle tourne autour de 83.000 ha , alors que la production évolue en dents de scie : près de 74.000 tonnes en 1999 ; un peu plus de 74.000 tonnes en 2000 ; 75.000 tonnes en 2001 ; et 70.000 tonnes en 2002. En réalité, la production de haricots de qualité et en grande quantité se heurte à des contraintes de normes imposées par le marché international, le faible rendement qui est de 600 à 800kg/ha pour le lingot blanc, la sensibilité des variétés aux maladies. Mais il ne faut pas non plus oublier la faible fertilité des sols des hauts plateaux et la disponibilité limitée en semences de qualité faute de structure adéquate de production de semences.

Le défi : reconquérir des marchés

Le marché local vaut son pesant d’or. Sur les marchés de la capitale, le kilo se vend entre 1.000 et 1.200 Ariary, un prix qui avoisine le kilo du riz local. Autrement dit, le haricot est un créneau porteur. Le défi est de satisfaire la demande locale tout en se tournant vers le marché à l’export avec ses gros potentiels à exploiter. Et des fois, il ne faut pas aller très loin parce que la zone océan Indien offre déjà des opportunités avec une demande de 700 à 1.000 tonnes par an. Pour les saisir, il faut mener des actions à plusieurs niveaux : mobiliser les acteurs de la filière, encadrer et former les paysans producteurs de semences, concrétiser un plan d’action annuel de production de 500 tonnes de semences de qualité pour l’exportation.
 
Le FOFIFA apporte son soutien dans cette redynamisation de la filière. Son objectif est axé sur la mise au point d’itinéraires techniques, la création et l’introduction de nouvelles variétés, la mise en place d’un partenariat avec l’approche 3P. En octobre 2002 déjà, le Centre Technique Horticole d’Antananarivo ou CTHA et le SIREC ont présenté les variétés malgaches au Salon International de l’Alimentation de Paris (SIAL). Des ateliers sur la planification stratégique de la filière haricot ont été organisés à Antananarivo en 2000 et sur l’organisation de la production de semences pour l’exportation à Fianarantsoa en 2003. Une production de semences en milieu contrôlé a été effectuée. Tous ces travaux ont vu le partenariat de plusieurs organismes : l’AFDI/CRAM de Fianarantsoa, le PSFH/CTHA d’Antananarivo, l’AMADEA de Vonizongo, le MdP Toliara, l’AGRIEL Express d’Ankazobe, la SAHA Association SARAGNA, l’ECABREN ou le Réseau sur le haricot en Afrique de l’Est et du Centre.

Des nouvelles variétés appréciées par le marché

Le FOFIFA a pris sa part de responsabilité dans la redynamisation de la filière haricot et se penche particulièrement sur les semences. La création de nouvelles variétés répond aux besoins des marchés. Ainsi, le pays dispose des 8 groupes de couleurs de haricot recherchés sur le marché international. Des variétés produites par le FOFIFA en font partie à l’exemple de Quarantino, Ikinimba, DR64. 

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