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DOSSIER - L’importance des sciences sociales


 
Développement rural
Rolland Razafindraibe
FOFIFA – Département Recherche Développement

Les projets de développement ne se font plus sans le consentement des premiers concernés. Ce n’était pas encore une évidence dans les années 70 et 80, une période pendant laquelle les projets s’élaboraient sans que l’on demande l’avis des bénéficiaires. Les temps on changé parce que les investissements injectés dans ces projets n’ont pas donné les fruits escomptés. L’approche participative a fait son apparition et désormais, elle fait partie intégrante des différents projets, qu’ils soient économiques ou sociaux. Cela veut dire que les sciences sociales rejoignent l’économie pour des meilleurs résultats. Mais la jonction entre ces deux disciplines ne s’arrête pas à l’approche participative telle qu’on le connaît à Madagascar. C'est-à-dire qu’elle ne se limite pas à la participation des paysans producteurs ou des groupements à des ateliers ou à des discussions…

Mobiliser tous les acteurs du développement rural

Pour les chercheurs du Département Recherche - Développement du FOFIFA, la corrélation entre l’économie et les sciences sociales doit se traduire par une mobilisation de tous les acteurs pour le développement rural. Des résultats de recherche en économie et sciences sociales permettent, par exemple, d’identifier les priorités des producteurs. Le FOFIFA prend l’exemple des infrastructures routières et de la production rizicole. Une enquête menée auprès de 1.385 communes montre que les priorités d’investissement vont d’abord à l’agriculture, au transport, à la sécurité et à la santé (voir tableau ci-dessous).

Priorité d’investissement

Taux (en pourcentage)

Agriculture

27%

Transport

26%

Sécurité

15%

Santé

14%

Les sciences sociales, outil d’aide à la décision

Les priorités pour l’agriculture et le transport sont placées presque sur le même pied d’égalité. Comme quoi, les paysans connaissent très bien le mécanisme de la production lié au marché. A quoi bon produire abondamment si les fruits de son labeur ne peuvent être évacués sur le marché ? Les chercheurs constatent ainsi que l’accessibilité des routes améliore la productivité agricole et notamment rizicole. Plus on s’éloigne des axes routiers, plus le rendement en riz diminue. Les paysans se contentent de produire pour l’autoconsommation et ils peinent à trouver des revenus supplémentaires ou même vitaux pendant la période de soudure.

Les enquêtes socioéconomiques permettent de se frotter à ces réalités et d’avoir une connaissance exacte de ce qui se passe réellement sur le terrain. Elles offrent ainsi un outil d’aide à la décision pour une meilleure politique agricole. Les enquêtes socioéconomiques peuvent intéresser plusieurs volets du secteur agricole allant des contraintes agricoles (la maîtrise de l’eau, la taxation du riz importé, etc.) aux différentes facettes du SRI (la main d’œuvre, la maîtrise de l’eau, l’économie de travail…). Elles permettent d’adopter également une approche régionale du développement rural. Les enquêtes socioéconomiques s’avèrent un instrument idoine pour mettre en exergue les spécificités régionales. Dans ce cas, elles donnent aux décideurs tous les éléments nécessaires pour une politique agricole adaptée à la diversité des zones agricoles, d’autant que le pays a la chance de présenter des reliefs, climats et conditions agricoles très diversifiés.
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